Introduction

Salut à tous ! Ami(e)s, ennemi(e)s, confrères, consoeurs, collègues...;)

Bienvenue sur mon blog.  Je l'ai conçu pour trois raisons principales. Tout d'abord, en tant qu'étudiant en journalisme, pour m'exprimer de façon critique sur des sujets d'actualité. Ensuite, pour exposer ma vision du monde à tous ceux ou toutes celles qui veulent la connaître, et me donner la leur. Enfin pour publier quelques photos sympas, où certains pourront se reconnaître.

Certains articles de ce blog sont clairement engagés. D'autres vous invitent à réagir sur des sujets d'actualité que j'ai étudié avec un certain recul. N'hésitez pas à me donner votre avis sur les diverses questions abordées. Même si ce blog n'a pas été réalisé dans un but strictement informatif, je pense qu'il remplit une mission essentielle du journalisme : amener le lecteur à se poser des questions.

Jakub Iwaniuk (Yak)

Présentation

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Mercredi 17 janvier 2007

On estime à environ 550 millions le nombre d'armes en circulation dans le monde. La réalité du commerce des armes à l'échelle internationale est une question souvent peu connue du grand public. Le sujet est très longtemps resté tabou, même dans les médias, le commerce légal d'arme étant une industrie très lucrative. Quelques données, élocantes, résument bien la situation actuelle.

Chaque année les armes tuent plus de 500 000 personnes dans le monde, soit une personne toutes les minutes. Dans cette même minute, ce sont 15 armes qui sont produites. 80 à 90% des armes légères en circulation proviennent à l'origine du commerce légal. (1) Les plus gros exportateurs d'armes sont les États Unis, le Royaume Unis, La France, la Chine et la Russie, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.


La législation internationale, toujours trop laxiste en la matière, est la principale responsable de cette situation inquiétante. De nombreux gouvernements sont dépourvus de loi en matière de ventes d'armes, lorsqu'elles ne s'opèrent pas à l'intérieur de leurs frontières. En voici un exemple frappant : malgré des rapports décrivant en détail l'implication d'un trafiquant d'armes irlandais ayant fournis 50 tanks au Soudan en 2004, le gouvernement irlandais n'a rien pu faire. L'homme n'avait enfreint aucune loi de son pays. A l'époque, l'Irlande n'était pas munie de loi concernant les trafiquants organisant des ventes d'armes depuis des pays étrangers.

Seul une cinquantaine d'états possèdent des lois qui régulent spécifiquement le commerce des armes. Mais ceci n'empêche pas qu'ils manquent des outils essentiels à une répression efficace contre les trafiquants. Les industriels légaux, eux-aussis, sont peu inquiétés.


Le Darfour : un exemple accablant


La moitié des pays qui dépensent le plus en armement se trouvent au plus bas de l'échelle du développement humain. Pour comprendre le problème, le cas du conflit au Darfour est un exemple intéressant. Il souligne la responsabilité de divers pays, parmi lesquels beaucoup de démocraties occidentales.

Comme dans toutes les guerres civiles africaines, les armes utilisées au Darfour proviennent de l'exportation incontrôlées de nombreux états. Les mines antipersonnels découvertes au Soudan en 2000 ont été fabriquées en Belgique, en Chine, en Égypte, aux Etas-Unis, et Italie, en Israël et en ex-URSS. Les armes légères, qui alimentent la guerrilla proviennent de Chine, Arabie Saoudite de France et d'Iran. Les armes lourdes (chars d'assaut, hélicoptères...) ayant servis à des bombardement de village et à des attaques au sol envers des civils, ont été importées du Belarus, de Pologne, de Russie, de Lituanie et de Chine(2). Ce business légal a servit à approvisionner en armes le gouvernement soudanais et les milices qu'il soutient pour perpétré des massacres.

En juillet 2004 le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé dans une résolution que tous les pays devaient « empêcher la vente ou la fourniture » d'armement aux entités non gouvernementales présentes au Soudan. Mais le Conseil n'a fournis aucune directive détaillée sur l'application de cet embargo partiel, ni non plus créé d'organe de surveillance chargé de veiller à son application. Certains gouvernements (dont la France et le Royaume Unis) ont cependant pris des mesures, bien que trop tard, pour interrompre le flux d'armes vers le Soudan. Depuis 2003, le conflit a déjà fait près d'un million de morts.


Un film pour mieux comprendre le problème


Paru fin 2005 et signé de l'éxellent Andrew Niccol, le film Lord of War est un thriller qui dépeint avec exactitude le problème du trafic d'armes à l'échelle du globe. L'acteur Nicolas Cages y incarne un trafiquant sans scrupules, qui opère en toute d'impunité et bâtit sa fortune sur la vente d'armes de l'ex-URSS vers l'Afrique. Ce film, politiquement (très) incorrect, s'inspire de faits réels qui font froid dans le dos.

Étonnant qu'un film engagé contre le trafic d'armes puisse sortir d'un studio américain, alors que le rôle des États-Unis (premier exportateur mondial d'arme) y est clairement souligné. Voici de quelle manière le réalisateur Andrew Niccol commente le film, dans les suppléments de son DVD :

« Si vous pensez qu'il a été facile de faire un film sur le commerce des armes, vous vous trompez. Mon nouveau film a été refusé par tous les grands studios Hollywoodiens. Il a finalement été financé de façon indépendante, et il n'a été possible de le faire que parce que les acteurs ont accepté d'importants sacrifices financiers ».

Le résultat est un film coup de point, réalisé avec finesse, interprétés par des acteurs talentueux (Nicolas Cage, Ethan Hawke, Jared Leto entre autres) et qui aboutit à une réelle prise de conscience du problème.

Andrew Niccol milite au côté d'Amnesty International pour que l'ONU adopte un traité global sur le sujet, et mette fin à une situation désastreuse sur le plan juridique.

Une prise de conscience nécessaire

L'ONU a décidé en octobre 2005 lors de son Assemblée générale de mettre en place un groupe d'experts gouvernementaux qui se pencheront sur la prolifération des armes légères. Mais quelques états puissants et influents, comme la Chine, l'Inde et la Russie sont opposés à des règles contraignantes régulant le commerce d'arme. Il reste donc beaucoup de travail à faire pour obtenir un accord global qui pourrait faire cesser le trafic d'armes indésirables. Mais connaissant les enjeux financiers et l'implication des membres permanants du Conseil de sécurité, il est clair que cet accord ne pourra se faire sans une réelle prise de conscience de l'opinion publique mondiale.


Pour en savoir plus et signer une pétition sur le sujet : http://fra.controlarms.org/pages/index-fra


Jakub Iwaniuk

(1) Selon Small arms survey 2001

(2) Selon Amnesty International

Par Jakub Iwaniuk - Publié dans : oeil-public
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