Un des problèmes majeur de notre société est son manque d'humanisme. Ce mouvement philosophique qui a mis l'homme au centre du monde, et qui a largement contribué au développement de la culture occidentale, est en train de s'essouffler.
L'économie mondialisée règne sur la planète, c'est un fait. Seuls certains utopistes contestent que celle-ci a échappé à tout contrôle. La crise politique des sociétés occidentales vient de ce problème. Même l'homme politique, qui dans l'esprit de la population influe sur son bonheur ou sur son malheur, contrôle de moins en moins la situation. Ce n'est pas du politique que dépendent les cours de la bourse de Wall Street, ce n'est pas non plus ce même politique qui est responsables des délocalisations, ou du fait que certains secteurs économiques obsolètes sont condamnés au chômage. Au fur et à mesure que la mondialisation progresse, l'élu du peuple perd de son pouvoir. Il ne s'agit pas pour autant de dire qu'il ne contrôle plus rien. Les décisions qu'il prend sont influentes, mais elles doivent s'adapté au contexte économique mondial, qui évolue sans cesse..
De nos jours la qualité principale, si rare, des hommes politiques, devrait être leur sens de l'anticipation. Il est vrai que cette capacité de prévision est réduite, dans un système mondial ou une mauvaise grippe du Roi de Jordanie entraîne la hausse des cours du pétrole. C'est néanmoins cette anticipation qui permettrait aux hommes politiques de faire des promesses qu'ils pourront tenir. Ces derniers semblent plus concentré sur la démagogie qui leur permettra d'accéder au pouvoir, que sur la présentation d'un programme réaliste et crédible. Leur but n'est plus à présent de montrer au peuple le chemin du Paradis, mais tout au plus faire de reculer l'enfer.
Nous sommes tous citoyens de l'humanité. Pourtant rare son ceux qui se préoccupent du sort de leur voisin, et des innombrables injustices qui régissent la planète. La fraternité républicaine existe ni en France, ni ailleurs. Où plutôt elle existe, mais elle ne fait pas preuve d'un sentiment généralisé, loin de là. Serait-ce une manifestation de ce que les sociologues appellent ''l'individualisme moderne'' ?
Le fait que l'homme n'aie pour seul but dans la vie la défense de ses intérêts personnels, montre qu'il manque d'humanisme. Mais comment demander à une personne qui galère en fin de moi, de se préoccuper du fait que la moitié de la planète meurt de faim? Là est tout le problème.
Les sociétés occidentales dites ''développées'' ont produit massivement deux sortes d'individus. Soit des personnes avec trop de soucis quotidiens pour se préoccuper de ce qui se passe autours d'eux, soit des personnes trop aisées pour se soucier de ce qui les dépasse. Seul une minorité de citoyens fait l'effort de voir plus loin que le bout de son nez, et contemple cette situation avec un sentiment d'impuissance. Ceux qui essayent d'y faire quelque chose s'y prennent souvent mal. Et ceux qui trouvent des solutions alternatives plausibles aux dérives de la mondialisation, si rare soit-ils, ne sont pas écoutés. Pendant ce temps nous vivons dans un système où 20% de la population mondiale détient 80% des richesses de la planète.
Pour le citoyen de l'humanité le mot ''richesse'' ne veut plus rien dire. La richesse pour un anglais c'est rouler en Bentley, pour un éthiopien c'est manger du pain. Et l'un ne se préoccupe pas de l'autre, il en est ainsi. Quatre morts en France font la Une du 20h de TF1, alors que 400 000 morts en Afrique vont être laissé au marbre. C'est ça l'individualisme moderne.
Pendant ce temps, nous allons aller manifester parce que l'on nous oblige à travailler 37h par semaine au lieu de 35, pour le même salaire. Nous nous révoltons parce qu'il faut travailler deux ans de plus pour financer nos retraites. Nous déplorons 15 000 personnes âgées mortes pendant la canicule, mais on refusera de leur consacrer un jour férié dans l'année. Enfin on votera pour des partis d'extrême pour dénoncer la société pourrie dans laquelle on vie.
Si le Français à un défaut, c'est qu'il est incapable de faire de concession, et qu'il crache sans cesse dans la soupe qui le nourrit.
Le climat social qui se dégrade dans le pays n'est certes pas à négliger. Il provoque une série de drames humains à l'occidentale, et d'inégalités sociales. Mais certains résonnent encore dans une optique marxiste, où il y aurait les bons d'un côté, les méchants de l'autre. Les expoilteurs et les exploités. Cette théorie est une réalité. Mais elle est plus matérialisée par un clivage Nord-Sud à l'échelle mondiale, que par un clivage droite-gauche au sein même des sociétés développées.. Dire que les riches patrons exploitent les pauvres ouvriers revient à oublier que nous participons tous, sans même le vouloir, à l'exploitation du Sud par le Nord.
Les proportions ne sont évidemment pas les mêmes. En France même le plus démunis ne meurt par de faim. Il ne faut pas fermer les yeux pour autant sur les abus économiques et politiques qui se développent au sein de notre société. Mais il faut arrêter de chercher l'égalité entre les hommes, car celle-ci n'existe pas.
Si l'égalité et la fraternité n'existent pas, il ne nous reste plus que la liberté. Mais nous sommes effectivement de moins en moins libres, si nous acceptons le fait que nous vivons dans une société régie par les lois économiques qui nous dépassent. Alors que nous reste-t-il ?
Nous avons le privilège d'avoir des droits fondamentaux. Le droit de s'instruire librement et de penser librement. Et ces droits sont accessibles à tous, même aux plus démunis.
La liberté est réduite, l'égalité est impossible, et la fraternité ruinée par l'individualisme. Ne serait-ce pas en cela la panne du « modèle social français » ?
Il faut arrêter d'exiger de l'homme politique ce qu'il est incapable de nous donner : le bonheur. Le citoyen doit se rendre compte que les temps sont durs et qu'il va falloir faire des concessions. Des concessions immédiates pour de meilleurs lendemains. Sans oublier que nous sommes dans tous les cas des privilégiés sur la planète. Ce statut de privilégié devrait nous obliger à penser d'avantage au monde qui nous entoure, et qui se porte bien plus mal que nous
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Un euro par moi et par habitant de pays riche, pourrait, s'il est bien réparti, peu réduire la faim dans le monde. Taxer de 0,001% toutes les transactions financières mondiales pourrai redresser en un demi-siècle les pays les plus pauvres. Des solutions qui ne sont pas utopistes existent donc.
Un citoyen de l'humanité ne devrait-il pas se préoccuper davantage de ces solutions là que du fait s'il va travailler 35 ou 37h par semaine ?
Ajouter aux dérives de la mondialisation les guerres, les dictatures, la catastrophe écologique sui s'abat sur la planète, la montée des extrémismes religieux...le monde est plein de problèmes globaux. L'individualisme moderne provoque que le citoyen se soucie avant tout de ses intérêts personnels. Il en oublie nos problèmes collectifs, pensant que ceux-ci n'influent pas directement sur sa vie quotidienne. Il se trompe. A travers ces problèmes c'est le devenir de l'humanité tout entière qui est en jeux.
Nous vivons dans un monde en crise ou l'avenir est incertain. L'homme politique face à cette situation, préfère débattre du rôle positif ou négatif de la colonisation française. Il préfère réécrire le passé alors que c'est le futur qui est remis en cause.
Le citoyen adulte se préoccupe de nourrir sa famille et de vivre le plus dignement possible, ou alors de gagner le plus d'argent possible. Le jeune citoyen semble plus préoccupé par celui ou celle qui va gagner la prochaine Star Academy, que par l'avenir du monde dans lequel il sera amené à évoluer.
Pendant ce temps la société évolue à la vitesse du son. Chaque pas en avant est décisif et quasi-irréversible. Le problème c'est qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion. Et les passagers ne s'en soucient pas plus que ça. Ils sont en route vers une destination inconnue. Mais combien de temps peut ont voler ainsi sans s'écraser ?
Pour le citoyen de l'humanité c'est le temps de la conscience qui doit s'imposer, ainsi que la conscience du temps.
Jakub Iwaniuk