Partager l'article ! Le scandale de la pendaison de Saddam: Exécuté le 30 décembre dernier à Bagdad, l'ancien dictateur Irakien laiss ...
Salut à tous ! Ami(e)s, ennemi(e)s, confrères, consoeurs, collègues...;)
Bienvenue sur mon blog. Je l'ai conçu pour trois raisons principales. Tout d'abord, en tant qu'étudiant en journalisme, pour m'exprimer de façon critique sur des sujets d'actualité. Ensuite, pour exposer ma vision du monde à tous ceux ou toutes celles qui veulent la connaître, et me donner la leur. Enfin pour publier quelques photos sympas, où certains pourront se reconnaître.
Certains articles de ce blog sont clairement engagés. D'autres vous invitent à réagir sur des sujets d'actualité que j'ai étudié avec un certain recul. N'hésitez pas à me donner votre avis sur les diverses questions abordées. Même si ce blog n'a pas été réalisé dans un but strictement informatif, je pense qu'il remplit une mission essentielle du journalisme : amener le lecteur à se poser des questions.
Jakub Iwaniuk (Yak)
Exécuté le 30 décembre dernier à Bagdad, l'ancien dictateur Irakien laisse derrière lui un pays en proie à la guerre civile. La pendaison de celui qui a été un dictateur sanglant pendant près de 25 ans reste néanmoins doublement scandaleuse. Pourquoi ?
Tout d'abord, Saddam Hussein a été exécuté trop vite. Deux ans seulement après sa capture par l'armée américaine, et à l'issue d'un procès sans aucune transparence, la sentence de l'ex-Rais laisse un goût d'inachevée. Il a été condamné à mort pour être responsable de l'affaire de Doujaïl, soit le massacre de 148 villageois chiites perpétré en 1982. Or ce fait ne représente qu'une infime partie des crimes commis pendant son reigne.
Pour se rendre compte de l'horreur de la dictature irakienne, il faut savoir que la coalition américano-britannique a trouvé, entre 2003 et 2005, 288 charniers contenant quelque 300 000 corps de personnes exécutées par le régime baasiste. En décembre 2004 a été découverte une fosse contenant près de 500 cadavres, dont ceux de femmes et d'enfants. Ainsi l'opération Al-Anfal, campagne de meurtres au Kurdistan Irakien de 1986 à 1989, qui fit près de 200 000 morts, n'a même pas été évoquée durant le procès.
Pourquoi ces atrocités ont-elles été « oubliées » dans l'accusation ? Qu'elle est la raison de cette exécution express ?
L'accablante réalité est que Saddam Hussein a commis la majeure partie de ses crimes avec des armes que lui ont vendus, sans aucun scrupule, les pays occidentaux (la France et les Pays-Bas en tête). Le tristement célèbre gaz moutarde, responsable de la mort de milliers de Kurdes, a été produit en Europe, et vendu légalement au régime irakien. Des éléments que les avocats du dictateur déchu n'auraient pas hésité à mettre en valeur. D'où la difficulté d'aborder ces « détails » lors du procès. Ceci aurait amené à la mise en cause d'un grand nombre de puissances occidentales.
Deuxième point, la forme qu'a pris cette exécution est proprement absurde. Notamment le fait qu'elle a été filmé de manière amateur. Dans le but de dissiper toutes les rumeurs sur la véracité de la mort de Saddam Hussein, cette vidéo a provoqué des conséquences idéologiques néfastes. Un blogeur bagdadien (http://raedinthemiddle.blog-spot.com) écrit avec les mots justes ce qu'il faut retenir de la mise en scène de cette éxecution.
« Saddam a pu donner l'image d'un leader calme et courageux, qui ne craignait pas la mort ; jusqu'à la dernière seconde, il s'est présenté comme le défenseur de l'Irak et de l'islam. Quand à ses bourreaux encagoulés, ils sont apparus comme des voyous assoiffés de vengeance, soutenus par la puissance occupante. Il faut décidemment être bête pour perdre son autorité morale au profit d'un ancien dictateur. Il faut être bête pour faire de l'exécution de Saddam un événement qui divise les Irakiens encore d'avantage. Il faut être bête pour élevé Saddam au rang de symbole de résistance et de fierté. » (1). La fin de Saddam Hussein serait donc moins atroce que les images nous le montre.
Enfin, le choix de la date de l'exécution, celle de la fête du sacrifice dans le calendrier musulman (l'aïd El-Kébir), est une erreur d'autant plus absurde, qu'elle renforce le statut à présent mythique de sa personne. Cette fête commémore la soumission d'Abraham à Dieu. De quoi réconcilier le dictateur laïc avec les textes sacrés du Coran.
L'exécution de Saddam aurait donc pu attendre. Attendre une certaine stabilité dans en Irak et le retrait des troupes de coalition. Attendre surtout la fin d'un procès en bonne et due forme. Il n'en n'est rien. Cette pendaison, orchestrée par les Américains, n'améliore en rien la situation en Irak, elle ne peut que l'aggraver. Pire, elle est une insulte à la mémoire de centaines de milliers de victimes. Une bavure de plus, dont le Pentagone, s'il avait eu un minimum de bon sens et d'esprit de justice, se serait bien passé.
Jakub Iwaniuk
(1) Courrier International n°844
Les articles engagés, comme leur nom l'indique, n'engagent que moi. Je ne prône aucune vérité, mais donne ma vision des choses, tout simplement.
Les articles d'ordre journalistique sont de sources sures, j'y consacre une attention particullière. Ces sources sont : soit d'autres médias (scrupuleusement choisis), soit mes cinq sens. Je ne publie jamais en cas de doute. Je peux néanmoins me tromper, comme tout le monde, et je m'en excuse par avance. Les analyses que je présente sont les miennes (c'est le principe même du site) bien que je puisse m'appuyer sur l'avis de différents experts.
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